Crise Grecque - Orage, les grecques ont dit non.

 

La crise Grecque et ses conséquences, les Grecs ont répondu « oxi », « non ».

Appelés à se prononcer sur le nouveau plan d’aide proposé par les créanciers internationaux, ils l’ont rejeté dimanche 5 juillet à 61,3 %.

Victorieux, le premier ministre, Alexis Tsipras, a assuré que les représentants d’Athènes voyaient ainsi leur « pouvoir de négociation renforcé » avant une nouvelle réunion de l’Eurogroupe avec les ministres des finances des autres Etats de la zone euro.


Quelle était la question ?

Contrairement à ce qui a pu être dit ici ou là, le référendum n’appelait pas les Grecs à se prononcer pour ou contre leur maintien dans la zone euro, ni pour ou contre l’Union européenne. Il s’agissait d’avaliser ou non le plan d’aide proposé par les créanciers du pays (Commission européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international), et ses conséquences. Voici la question posée aux électeurs grecs :

« Faut-il accepter le plan d’accord soumis par la Commission européenne, la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI) lors de l’Eurogroupe du 25 juin, qui est composé de deux parties : Reforms for the completion of the current program and beyond” [“Réformes pour l’achèvement du programme en cours et au-delà”, en anglais dans le texte sur les bulletins] et “Preliminary debt sustainability analysis” [“Analyse préliminaire de la soutenabilité de la dette”, en anglais dans le texte sur les bulletins] ? »

Ce projet d’accord comportait de nouvelles mesures d’austérité, érigées en conditions pour le déblocage d’une nouvelle aide financière à Athènes :

  • une réforme fiscale, avec notamment une « simplification majeure » de la TVA, jugée « très fragmentée » ;
  • une nouvelle réforme des retraites, avec un âge légal de départ à la retraite fixé à 67 ans, ou à 62 ans pour celles et ceux ayant quarante années de cotisation, ainsi que l’augmentation des cotisations de santé pour les retraités et le gel des pensions au moins jusqu’en 2021 ;
  • un renforcement de la lutte contre la fraude fiscale et la contrebande de carburant.

Le gouvernement avait d’abord refusé ces mesures en annonçant le référendum le 27 juin, puis a accepté la majorité d’entre elles dans une lettre d’Alexis Tsipras le 1er juillet, mais l’Eurogroupe (réunion des ministres des finances de la zone euro) a suspendu les négociations dans l’attente du référendum.


Pourquoi les Grecs ont-ils voté « oxi » ?

La crise Grecque n’est pas nouvelle, la Grèce est en crise financière gravissime depuis 2009 et la découverte, par le premier ministre socialiste nouvellement élu, Georges Papandréou, de comptes publics maquillés par la droite au cours des années précédentes. Pour redresser les comptes puis obtenir de l’aide financière internationale, les gouvernements successifs ont mis en place au moins huit plans d’austérité. Les réformes fiscales du système de retraite, l’alourdissement des taxes, les coupes budgétaires et les suppressions d’emplois publics ont peu à peu étranglé les ménages grecs.

Le référendum a ainsi été l’occasion, pour une majorité de la population, de rejeter un nouveau cycle d’austérité. Elle a été poussée dans ce sens par le parti du premier ministre, Alexis Tsipras, la coalition de gauche radicale Syriza, mais aussi par la droite souverainiste ANEL, ainsi que par les néonazis d’Aube dorée. Le gouvernement a assuré que son objectif était, grâce à ce non, de renforcer « le pouvoir de négociation » d’Athènes vis-à-vis des créanciers et de conclure « un meilleur accord » avec eux dans « le cadre de la zone euro ».


Pourquoi Varoufakis a-t-il démissionné ?

Le ministre de l’économie avait prévenu qu’il démissionnerait en cas de victoire… du oui. Mais, dès le lendemain de la victoire du non, il a annoncé sa démission. Dans une note sur son blog, Yanis Varoufakis explique que ses homologues « membres de l’Eurogroupe » préféraient son « absence des réunions ». Il a commenté en expliquant que c’était une « idée que le premier ministre a jugée potentiellement utile à l’obtention d’un accord ».

Depuis ses débuts au ministère de l’économie, Yanis Varoufakis — économiste reconnu — s’est autant mis à dos ses homologues de la zone euro qu’il a acquis de popularité dans une partie de l’opinion internationale. On lui a reproché ses traits de caractère, il est notamment jugé arrogant, là où Bruxelles est plus une habituée des réunions feutrées. En le poussant à la démission, Alexis Tsipras fait ainsi un geste pour se rapprocher des créanciers.


 Quels sont les scénarios possibles maintenant ?

Trois scénarios sont envisageables concernant la crise Grecque : la négociation d’un nouvel accord ; un départ (de la zone euro, pas de l’Union européenne) à l’amiable ; et une sortie désordonnée, sans concertation et dans l’urgence.

Dans tous les cas, le temps presse : en défaut de paiement vis-à-vis du FMI depuis le 1er juillet, date à laquelle le pays devait rembourser 1,5 milliard d’euros à l’institution, une autre échéance se profile : la Grèce doit 3,5 milliards d’euros à la BCE d’ici au 20 juillet.

Les Européens se réuniront mardi (François Hollande et Angela Merkel se verront dès lundi soir) pour discuter des issues possibles ; côté grec, un nouveau ministre de l’économie devrait être nommé bientôt, et le gouvernement revenir à la table des négociations avec les créanciers et les dirigeants européens.

Dans les deux derniers scénarios, la sortie de l’euro favoriserait les exportations (rendues plus compétitives par une monnaie dévaluée), même si celles-ci pèsent peu dans la balance commerciale par rapport aux importations.

La sortie de l’euro pénaliserait certes les Grecs (qui paieraient plus cher les biens importés), mais, selon les analystes de Natixis, l’arrêt du remboursement des intérêts de la dette apporterait une bouffée d’air à l’ensemble de l’économie hellène.

 Si la Grèce sort de l’euro et que la crise s’aggrave, qui sera touché en Europe ?

Un « Grexit » a peu de risque d’entraîner une panique financière comme pendant la « crise des dettes » de la zone euro, en 2012, car depuis cette date, les banques européennes ont réduit leur exposition à la Grèce. Seules les banques allemandes ont gardé dans leurs comptes beaucoup de créances bancaires sur la Grèce (environ 42 % du total des créances du pays, selon les calculs de Natixis).

Cependant, les banques grecques sont présentes dans les pays d’Europe orientale, où elles détiennent des encours importants, un risque pour ces pays si les banques grecques devaient définitivement mettre la clé sous la porte. Par rapport à la taille de leur économie, les pays les plus exposés au secteur bancaire grec sont : Chypre (46 % du PIB) ; la Bulgarie (19 % du PIB) ; la Macédoine (17 % du PIB) ; l’Albanie (14 % du PIB) ; la Serbie (11,5 % du PIB) ; la Roumanie (7,6 % du PIB).

Quant aux Etats, ils sont exposés à la dette grecque par les prêts bilatéraux qu’ils ont accordés à Athènes et par les garanties qu’ils ont apportées au Fonds européen de stabilité financière : le FESF a prêté 142 milliards d’euros à la Grèce.

Crise Grecque - Qui sont les débiteurs de la Grèce

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Crise Grecque - Les principaux Etats prêteurs

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Enfin, un « Grexit » aurait des conséquences pour tout le continent sur la confiance des investisseurs étrangers et sur le moral des ménages en Europe.

Crédit : Le monde – Pierre Breteau, Mathilde Damgé et Alexandre Pouchard
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Notre Avis : Nous conseillons fortement aux épargnants ayant des assurances vie multi-supports, par exemple, de basculer les supports liés à la zone euro sur le fond euro et attendre que l’orage passe. En revanche pour ceux qui sont mensualisés, et qui par ce biais investissent sur de tel supports tous les mois, devraient faire un point sur la stratégie de leur contrat, investir à la baisse ces prochains mois pourrait être une bonne opportunité pour bénéficier du rebond à venir des marchés de la zone euro.