Retraite : Rachat des trimestres manquants ?

Retraite : Racheter des trimestres manquants pour partir à l'âge légal ?

Racheter des trimestres manquants peut être une bonne solution pour partir à l’âge légal.

En matière de retraite, l’anticipation devient la règle. Pour assurer ses arrières financiers, en plus des placements spécial retraite (ou pas), il existe des dispositifs fort intéressants parmi lesquels le rachat de trimestres.

Rachat de trimestres ?

Le rachat de trimestres dénommé aussi versement pour la retraite, s’adresse aux personnes qui souhaitent profiter de leur retraite dès l’âge légal (ou peu après), mais auxquelles il manque quelques trimestres pour pouvoir partir dans des conditions financières optimales.  

L’ensemble des actifs peuvent racheter douze trimestres au maximum dans leur régime de base. Ces trimestres manquants doivent correspondre à des années d’études supérieures sanctionnées par un diplôme (les années effectuées en classes préparatoires comptent aussi) ou à des années travaillées, mais incomplètes (moins de quatre trimestres validés). Pour les fonctionnaires, seules sont prises en compte les années d’étude. A noter que les salariés du privé et agricoles peuvent compléter ces opérations par l’acquisition de points dans les complémentaires Agirc-Arrco, dans certaines limites.  

Rattraper des années d’étude ou de faible activité

Le rachat de trimestres dans le régime général comporte deux options. A minima, il porte uniquement sur le taux de calcul de la pension de base : les versements effectués permettent alors d’annuler ou de limiter les effets de la décote, qui est de 0,625 % par trimestre manquant. De façon plus large, il peut porter sur le taux et la durée d’assurance, ce qui va éviter ou atténuer aussi les effets de la proratisation. Mais dans ce cas, le rachat coûte plus cher.  

Pour bien comprendre l’enjeu, voici l’exemple d’un salarié né en 1954 qui souhaite faire valoir ses droits à la retraite d’ici à la fin de l’année. Si l’on suppose qu’il aura l’âge légal (61 ans et 7 mois) et la durée d’assurance (165 trimestres) applicable à sa génération, et si l’on suppose qu’il a toujours cotisé au-delà du Pass (Plafond Annuel de la Sécurité Sociale), sa pension de base pourra atteindre le maximum de 1 609 euros par mois, hors majorations éventuelles. Mais s’il lui manque cinq trimestres, sa pension de base sera calculée non pas au taux plein de 50 %, mais au taux de 46,875 % (du fait d’une décote de 0,625 % x 5) et elle ne lui sera pas versée à 100 %, mais à 96,96 % seulement (du fait de la proratisation de la durée : 160/165). Finalement, il percevra 1 462,58 euros par mois, sauf s’il se décide à racheter cinq trimestres.  

Ce raisonnement s’applique également aux retraites complémentaires, puisque lorsque la retraite de base n’est pas calculée à taux plein, des coefficients de minoration sont pratiqués.

Une opération dont le coût et les bénéfices doivent être analysés

Mais compte tenu de son coût élevé, cette opération doit être sérieusement évaluée en amont. En effet, le prix d’un trimestre augmente en fonction de l’âge au moment de la demande, des revenus professionnels et de l’option choisie. A 60 ans, un salarié devra, par exemple, débourser pour chaque trimestre entre 3 275 euros et 4 367 euros, selon son revenu d’activité, pour racheter le taux, et entre 4 854 euros et 6 472 euros, selon son revenu, pour racheter le taux et la durée d’assurance (plus d’infos sur L’Assurance retraite pour les salariés et sur Pensions.bercy.gouv.fr pour les fonctionnaires).  

Jusqu’à la fin de 2018, pour les personnes nées avant 1957, cette dépense bénéficie toutefois d’un sérieux avantage : tout rachat effectué dans le régime de base efface automatiquement et sans surcoût les abattements appliqués sur les pensions complémentaires. De plus, les versements pour la retraite sont entièrement déductibles du revenu imposable l’année où ils sont payés, hors plafonnement des niches fiscales, avec report de l’éventuel déficit durant six ans.

Crédit photo : BFMTV
Crédit : Roselyne Poznanski – L’express votre argent

 

Notre Avis : Il convient d’être le plus objectif et vigilant possible avec cette opération en calculant la durée d’amortissement et en évaluant sa pertinence.